Pour une société mature, stable, qui distribue régulièrement une part significative de ses bénéfices — un profil très répandu à la BRVM, notamment dans le secteur bancaire et les télécoms — le modèle de Gordon-Growth (ou modèle d'actualisation des dividendes, DDM) offre un raccourci élégant au DCF complet : on actualise directement les dividendes futurs plutôt que l'ensemble des flux de trésorerie de l'entreprise.
Intuition : plus le dividende attendu est élevé, plus la valeur théorique est élevée. Plus l'écart entre le rendement exigé (Ke) et la croissance du dividende (g) est FAIBLE, plus la valeur théorique est élevée — logique, puisqu'un dividende qui croît presque aussi vite que le rendement exigé se rapproche d'une rente quasi infinie.
Si g s'approche de Ke, le dénominateur tend vers zéro et la valeur théorique explose de façon absurde ; si g dépasse Ke, la formule devient mathématiquement invalide (valeur négative). Un taux de croissance perpétuel réaliste reste généralement proche, à long terme, de la croissance nominale de l'économie dans laquelle la société opère — jamais un taux de croissance de court terme extrapolé indéfiniment.
Pour une société qui connaît encore quelques années de croissance plus rapide avant de se stabiliser, on utilise un modèle à deux étapes : une actualisation explicite des dividendes de la phase de croissance rapide, suivie d'une valeur terminale calculée par Gordon-Growth appliqué au dividende stabilisé, elle-même actualisée à aujourd'hui — exactement le même principe que la valeur terminale du DCF, mais appliqué au dividende plutôt qu'au flux de trésorerie total.
On peut inverser la formule pour, à partir du cours de bourse ACTUEL, déduire le rendement (Ke) que le marché exige implicitement de cette valeur :