Le DCF part d'un principe fondamental de la finance : la valeur d'une entreprise aujourd'hui est égale à la somme de tous les flux de trésorerie qu'elle générera dans le futur, actualisés au présent. C'est la méthode la plus rigoureuse — et la plus exigeante en hypothèses — pour répondre à la question « cette société est-elle sous-cotée ou sur-cotée ? ».
On projette, en général sur 5 à 10 ans, le flux de trésorerie disponible pour l'ensemble des apporteurs de capitaux (actionnaires ET créanciers) — le FCFF (Free Cash Flow to Firm).
Le WACC (coût moyen pondéré du capital) reflète le rendement minimum exigé par l'ensemble des apporteurs de capitaux, pondéré par leur poids respectif dans le financement de l'entreprise.
Le coût des capitaux propres (Ke) se calcule le plus souvent par le MEDAF (modèle d'évaluation des actifs financiers, CAPM en anglais) :
Au-delà de la période explicite de projection, on suppose une croissance stable et perpétuelle du flux de trésorerie (le modèle de Gordon-Growth appliqué à l'entreprise entière) :
On compare ensuite cette valeur par action au cours de bourse actuel : si la valeur DCF est significativement supérieure, la société apparaît sous-cotée selon ce scénario d'hypothèses — et inversement.
Un DCF est extrêmement sensible à deux hypothèses : le WACC et le taux de croissance perpétuel g. Un écart de 1 point sur l'un ou l'autre peut faire varier la valeur obtenue de 20 à 40 %. Un analyste sérieux ne présente jamais un DCF comme un chiffre unique, mais comme une fourchette (scénario prudent / central / optimiste) et une table de sensibilité.
| WACC \ g | 1,5 % | 2,5 % | 3,5 % |
|---|---|---|---|
| 9 % | Scénario prudent | Scénario central | Scénario optimiste bas |
| 10 % | Scénario prudent bas | Scénario prudent | Scénario central |
| 11 % | Scénario très prudent | Scénario prudent bas | Scénario prudent |