La méthode des comparables (ou « valorisation relative ») part d'un principe simple : des sociétés similaires, dans un même secteur, avec un profil de risque et de croissance comparable, devraient se négocier à des multiples proches. C'est la méthode la plus rapide à mettre en œuvre et la plus utilisée en pratique — souvent en complément, pas à la place, d'un DCF.
On sélectionne des sociétés du même secteur, de taille proche, avec une croissance et une rentabilité comparables. À la BRVM, le secteur bancaire ou les télécoms offrent plusieurs comparables directs ; d'autres secteurs n'ont parfois qu'un seul représentant coté, ce qui oblige à élargir la comparaison à des sociétés régionales ou internationales du même secteur — avec les précautions que cela implique (fiscalité, taille de marché, devise différentes).
On calcule le multiple médian (plus robuste que la moyenne face aux valeurs extrêmes) du groupe de comparables, puis on l'applique à la métrique correspondante de la société étudiée pour obtenir une valeur implicite.
Si la valeur implicite obtenue est nettement supérieure au cours actuel, la société apparaît sous-cotée par rapport à ses pairs — sous réserve que l'écart s'explique mal par des différences réelles de qualité (croissance, marge, gouvernance, risque pays). Si elle est inférieure, la société se négocie avec une prime, qu'il faut alors justifier ou remettre en question.
Les comparables reflètent l'humeur du marché à un instant T — si tout un secteur est collectivement sur- ou sous-évalué, la méthode ne le révèle pas (contrairement au DCF, qui repart des flux de trésorerie intrinsèques). C'est pourquoi les analystes professionnels croisent quasi systématiquement comparables ET DCF avant de conclure.