Une analyse fondamentale sérieuse ne s'arrête pas aux comptes de la société : le cadre macroéconomique et monétaire dans lequel elle opère influence directement son coût de financement, sa devise de référence et, in fine, la valorisation qui lui est appliquée.
La BCEAO (Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest) conduit la politique monétaire commune aux huit pays de l'UEMOA : elle fixe les taux directeurs, régule la masse monétaire et émet le franc CFA. Une hausse des taux directeurs renchérit mécaniquement le coût du crédit pour les entreprises de la zone (impact direct sur le Kd utilisé dans un WACC, voir le module DCF), tandis qu'une détente monétaire le facilite.
Le franc CFA est arrimé à l'euro à parité fixe. Cette stabilité de change réduit un risque que subissent de nombreux marchés émergents à devise flottante (une dévaluation brutale qui érode la valeur d'un investissement en devise étrangère), mais ne supprime pas les autres risques macroéconomiques propres à la région — elle en change simplement la nature.
Selon les pays de l'UEMOA, les économies restent sensiblement exposées à certaines matières premières (cacao et café en Côte d'Ivoire, coton au Mali et au Burkina Faso, or dans plusieurs pays de la zone) et à la pluviométrie agricole. Un choc sur les cours mondiaux d'une matière première clé peut peser sur la croissance régionale, la consommation des ménages, et donc indirectement sur les résultats des sociétés cotées à la BRVM — même celles qui n'opèrent pas directement dans ce secteur.
Les indices sectoriels BRVM (voir le lexique et la page des indices) permettent de vérifier concrètement si un secteur donné surperforme ou sous-performe le marché global sur une période — un moyen simple de confronter une intuition macroéconomique à la réalité des cours plutôt que de s'y fier aveuglément.